L'agriculture Hmong en Guyane

Les Hmong et l’agriculture en Guyane : un rôle essentiel selon Franck Ladrière

Aujourd’hui, les Hmong sont devenus les premiers producteurs de fruits et légumes de la Guyane en fournissant, chaque semaine, 60 tonnes de légumes au marché de Cayenne. Franck Ladrière revient sur la contribution essentielle de leur communauté à la vie économique guyanaise.

Quand les premières familles Hmong arrivèrent en 1977 en Guyane, on leur alloua 1 400 hectares de forêt à 70 km de Cayenne avec pour mission de développer l’agriculture. Le site avait précédemment accueilli une plantation de cacao, qui donna donc son nom au village, puis quand l’exploitation périclita, un bagne s’installa là. Mais en 1859, il ferma pour cause d’insalubrité, c’est dire l’hostilité du territoire.

Les Hmong bâtirent donc le village de leurs propres mains, défrichèrent les terrains et cultivèrent la terre. Après une période d’adaptation, les premiers excédents alimentaires furent dégagés au début des années 90. Et aujourd’hui la communauté expédie près 60 tonnes de produits chaque semaine à Cayenne et les besoins en agrumes sont quasiment intégralement couverts.

Vers l’autosuffisance alimentaire ?

Mais il reste encore du chemin à parcourir. En 2016, l’agriculture guyanaise ne couvre que 20 % de la consommation locale pour les fruits et légumes et environ 15 % pour la viande. L’objectif à 5 ans est d’atteindre le chiffre de 50 %, pour être autosuffisant à terme. Ce secteur présente donc un vrai potentiel de développement.

En particulier pour les Hmong qui représentent près de 80 % des agriculteurs. Le maraîchage qu’ils pratiquent est très varié. Ils cultivent tout ce qui peut répondre à la demande locale et priorité est donnée à la polyculture (ciboulette, persil, agrumes, fruits du dragon, ramboutans, etc.), la monoculture étant très rare.  Quant à l’élevage, il couvre de vastes territoires, les deux plus gros éleveurs de France (en superficie et en nombre de têtes de bétail) se trouvent en Guyane.

Un vrai potentiel de développement

En outre, la population guyanaise est aujourd’hui de 260 000 personnes environ et d’ici à 25 ans, elle devrait augmenter de 50 % (+ 100 % pour les 10-15 ans). Il y a donc une vraie demande et le développement de l’agriculture maraîchère est primordial pour la survie économique et sociale du territoire.

Les Hmong sont amenés à rester prépondérants sur ce secteur. Les anciens ont effectué un travail colossal de défrichage et les exploitations sont aujourd’hui pérennes, ce qui incite de nombreux jeunes de la communauté à rester. En outre, face aux difficultés rencontrées par des jeunes qui veulent s’installer, la solidité et la solidarité de la communauté jouent pleinement (apports de connaissance, prêt de matériel, etc.).

Et les besoins sont considérables. Malgré le lancement de plus 500 SAS en Guyane depuis sa création, Dom Com Invest ne couvre environ que 30 % des demandes de financement déposés. Car, dans un contexte guyanais où les banques n’accordent pas ou peu de crédits aux agriculteurs, les difficultés sont nombreuses.

L’accompagnement et le développement de l’agriculture, qu’elle soit bio ou non (les Hmong s’y sont mis dès 2011), nécessitent plus que jamais un soutien financier. Car son potentiel est immense.

Franck Ladrière

PS : Pour en savoir plus, un reportage diffusé sur France 5 en 2015, dans l’émission « Silence, ça pousse ».

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