Les Hmong, du Laos à la Guyane

Les Hmong, du Laos à la Guyane : une belle réussite, Par Franck Ladrière

Si la Guyane ne compte que 206 000 habitants, elle est toutefois composée de plus de 25 ethnies, avec leurs langues et leurs coutumes, parmi lesquelles les Hmong, qui représentent 1,5 %de la population. Franck Ladrière présente un bel exemple d’intégration réussie.

 

L’histoire des Hmong est exceptionnelle à plus d’un titre, car il s’agit non d’une communauté installée en Guyane de longue date, mais d’un groupe de population arrivé en 1974, puis dans une seconde vague, en 1977. Fuyant le régime communiste du Laos, ils vivent alors dans les camps de réfugiés thaïlandais. Bénéficiaires du statut de réfugiés politiques octroyé par le Haut Commissariat des Nations Unies, ils sont accueillis par plusieurs pays occidentaux, dont la France.

 

Repeupler le territoire

Ils ont été installés en Guyane dans une idée précise : aider à repeupler le territoire et développer l’agriculture. Ce projet s’insérait dans le Plan Vert, lancé par le secrétaire d’État aux Dom-Tom de l’époque, Olivier Stirn. Il partait d’un constat accablant pour ce département d’outre-mer : sous-peuplée, la Guyane ne comptait que 55 000 habitants pour un territoire représentant un cinquième de la métropole, avec des ressources inexistantes et une activité économique quasi nulle.

C’est aussi grâce à l’aide d’un président de Conseil régional d’origine asiatique favorable à leur installation, ainsi qu’aux organisations catholiques sollicitées par le Père Yves Bertrais, co-inventeur de l’alphabet hmong, qu’ils ont pu s’installer.

Les Hmong sont répartis dans quatre villages qu’ils ont eux-mêmes construits ou reconstruits.

  • Cacao créé en 1977 avec des religieux catholiques en pleine forêt et d’accès peu facile.
  • Javouhey, fondé en 1979 sur le site d’une ancienne léproserie fondée en 1822
  • Rococoua, fondé en 1990 avec une quinzaine de familles.
  • Corrossony, fondé vers 1990 avec une douzaine de familles dont la plupart vivait en France métropolitaine avant de venir s’installer en Guyane.

 

Un acteur majeur de l’agriculture guyanaise

Au fil des ans, ils défrichent des centaines d’hectares, mettent en pratique leurs connaissances en agriculture et en maraîchage. En dépit de sols pauvres, ingrats à travailler, les familles s’organisent et vendent leurs produits sur les marchés. Ils participent aussi à la soupe du dimanche sur Cacao et Javouhey, à la fête du ramboutan où ils côtoient les autres communautés.

Aujourd’hui, les Hmong sont devenus les premiers producteurs de fruits et légumes de la Guyane en fournissant, chaque semaine, 60 tonnes de légumes au marché de Cayenne. La contribution de leur communauté à la vie économique guyanaise est essentielle.

Ils participent aussi aux organismes agricoles régionaux : Chambre d’agriculture, réseau Fredon… Afin d’améliorer les techniques de production, des actions de formation-professionalisation sont conduites sous maîtrise d’ouvrage du CFPPA de Matiti sur Cacao (à l’est), dans la suite logique du pôle d’excellence rurale piloté par le parc naturel régional.

C’est le cas également sur Javouhey (à l’ouest) où un projet est en cours, avec l’aide de la Daaf de Guyane, pour leur permettre de mieux répondre aux besoins de la restauration collective locale. Calibrage, conditionnement, transport, conservation, agro-transformation sont au cœur du projet.

En 35 ans, voici un impressionnant chemin parcouru que Dom Com Invest a choisi d’aider pour aller encore plus loin. En donnant une confiance totale à cette communauté qui a montré que nous pouvons compter sur elle.

Franck Ladrière

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