Zoom sur la Guyane : un peu d’histoire, Par Franck Ladrière

La Guyane présente une histoire riche, souvent connue de façon parcellaire. Au côté de Franck Ladrière, partons à la découverte d’un territoire millénaire, offrant un vrai potentiel pour des investissements durables.

Les installations françaises commencent en 1503 mais les premières traces de peuples amérindiens remontent au Vè millénaire avant notre ère. À la fin du IIIème  siècle, des Indiens originaires des rives de l’Amazone, s’installent sur le littoral guyanais, suivis au VIIème siècle par les Indiens dits Caraïbes. La côte de Guyane ne fut reconnue qu’en 1498 par Christophe Colomb et c’est en 1604 que la colonie de Guyane prend le nom de France Equatoriale.

 

De colonie agricole à colonie pénale

Si les premières tentatives importantes de colonisation française datent des années 1620, elles sont mises à mal par les dissensions internes des colons, les rapports médiocres avec les Amérindiens voire la dureté des conditions de vie. Longtemps, la tutelle du roi de France sur la Guyane est contestée et ce n’est qu’en 1676 que les Français s’implantent définitivement.

La colonisation de la Guyane est d’abord le fait de travailleurs européens, les « engagés », également appelés les « trente-six-mois » parce que liés par un contrat de trois années à leur maître. Ce quasi-esclavage européen, faute de volontaires, est très vite remplacé par une servitude d’origine africaine, qui est employée dans les habitations à la culture des produits coloniaux : sucre, épices, chocolat et café.  La Guyane devient alors une colonie esclavagiste et voit sa population progresser.

En outre, après l’expédition désastreuse de Kourou en 1763 pour établir une vraie colonie d’agriculteurs d’origine européenne dans les savanes de l’Ouest guyanais, seuls restent des colons allemands et canadiens, qui s’y implantent durablement et fondent une société originale (et métissée) d’agriculteurs exploitants en Guyane.

L’abolition de l’esclavage en 1848 engendre la disparition de la main-d’œuvre servile et met un point d’arrêt à l’économie coloniale traditionnelle, économie qui n’a pas réussi à apporter un vrai développement à la Guyane, qui reste la région pauvre et sous-peuplée de l’ensemble colonial français en Amérique. Pour développer le territoire, et surtout débarrasser la métropole d’opposants politiques républicains et de délinquants de droit commun, le Second Empire crée des bagnes. Ils accueillent des transportés, des déportés puis également des relégués jusqu’en 1946. La France attendait des détenus qu’ils fussent aussi des colons. Mais ce fut un échec et la fermeture des bagnes en 1945 a vu plus de survivants rentrer en métropole que rester sur place.

 

De la départementalisation à l’ère spatiale

En 1855, un site aurifère est également découvert dans l’Est guyanais. Le début du XXème  siècle est marqué par une ruée vers l’or, avec 10 000 chercheurs en activité, entraînant une croissance du commerce local, souvent artificielle, et l’arrêt des dernières activités agricoles par manque de main-d’œuvre. Durant la Seconde Guerre mondiale, le Guyanais Félix Éboué est un des premiers à se ranger derrière le général de Gaulle et la Guyane rejoint la France Libre en 1943. Elle abandonne définitivement son statut de colonie et devient un département français en 1946.

En 1964, le général de Gaulle prend la décision de construire une base spatiale à Kourou, destinée à remplacer celle située en Algérie. Le Centre spatial, depuis les premières fusées « Véronique », s’est largement développé au fil des années, jusqu’au lancement prévu de la prochaine fusée Ariane 6 en 2021.

Le territoire guyanais fait aujourd’hui partie des neuf régions ultrapériphériques de l’Europe. C’est le seul territoire continental de l’Union européenne en Amérique du Sud.

Avec une superficie de 83 846 km2 et une population de 252 338 habitants (en 2014), la Guyane est la 2ème région de France en superficie et la 2ème moins peuplée (après Mayotte). C’est également le département le plus boisé, 98 % du territoire étant couvert d’une forêt équatoriale.

Franck Ladrière

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