La Guyane : Franck Ladrière fait le tableau d’une économie contrastée

La situation économique de la Guyane est jugée difficile avec un fort taux de chômage (plus de 20 %). Toutefois, selon Franck Ladrière sa démographie avec une population en forte augmentation et jeune représente un enjeu majeur.

 

Deux types d’agriculture

L’agriculture guyanaise emploie 16 % de la population active et participe pour 5 % au PIB régional. Riz, manioc, et agrumes occupent la majeure partie du territoire agricole, dont la surface agricole utile est estimée à 24 570 hectares.

En Guyane coexistent deux types d’agriculture :

  • une agriculture traditionnelle manuelle présente sur tout le territoire : plus de 80 % des exploitants la pratiqueraient sur un tiers de la SUA ;
  • une agriculture mécanisée à vocation marchande située sur la bande littorale, notamment par les Hmong à Roura (village de Cacao) pour les fruits et légumes.

En 2009, la production locale de viande assure 24 % des besoins pour la filière porcine et 20 % pour la filière bovine. La canne à sucre est cultivée pour la fabrication du rhum à Saint-Laurent-du-Maroni dans la dernière distillerie de Guyane. Enfin, la culture du riz se fait sur des polders, sur environ 4 000 hectares. Le riz est consommé localement et exporté au Suriname et dans les Caraïbes.

 

Industrie spatiale, pêche, construction et richesses minières : les secteurs clé

  • Le bois est la principale ressource naturelle du département. Sa forêt est composée de plus de 1 200 espèces d’arbre, dont de nombreux bois précieux et la quasi-totalité du massif forestier relève du domaine privé de l’État. 80 % de la production de sciage est absorbée par le BTP.
  • La pêche en Guyane est une activité industrielle (essentiellement crevette et vivaneau). Les bateaux débarquent leurs prises au port du Larivot, neuvième port de pêche français. Mais la pêche illégale qui, selon une étude de l’Ifremer de 2010, représenterait un volume 2,5 à 3 fois supérieur à la pêche légale, appauvrit le secteur.
  • Le secteur secondaire : le tissu industriel est composé de PMI et quelques grandes entreprises. Il est dominé par le secteur spatial  (près de 16 % du PIB et 12 % de la population active) et la construction. Cette dernière est le secteur qui profite le plus de la croissance démographique élevée. Enfin, l’extraction aurifère est la seconde activité exportatrice en Guyane. L’or est exploité de manière légale par des entreprises locales sur une dizaine de sites, principalement des placers. Mais la puissance publique doit faire face à l’orpaillage illégal qui produirait 10 tonnes d’or chaque année grâce à une main-d’œuvre clandestine estimée autour 10 000 personnes, d’après l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer.
  • Le secteur tertiaire : les administrations et établissements publics sont les plus grands pourvoyeurs d’emploi en Guyane. Le secteur du commerce quant à lui est dominé par la restauration et les commerces de distribution alimentaire tenus par des commerçants chinois. Ce sont surtout des petites supérettes et épiceries (moins de 300 m2), appelées localement chinois même si l’offre en termes d’équipement commercial s’est diversifié (hypermarchés et supermarchés).  Mais la majorité des produits de consommation courante est importée et se trouve donc beaucoup plus chère qu’en métropole dû au surcoût lié à leur acheminement. Enfin, il existe une activité d’écotourisme, très éloignée du tourisme de masse que l’on retrouve dans les Antilles. La Guyane dispose d’un réel potentiel touristique et c’est devenu notamment un des enjeux majeurs pour les prochaines années.

Franck Ladrière

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